Interview de Léonie Place alias Scribeuse !

Léonie Place, alias Scribeuse, est une jeune journaliste qui a décidé de lancer un concept unique entre journalisme et écrivaine. Elle retranscrit les instants de vie dans un livre personnalisé et sur-mesure à votre image.

Pour un événement, anniversaire, une biographie, histoire d’entreprise, mariage et plus encore, Léonie est la plume de vos souvenirs indélébiles. Rencontre avec Scribeuse pour une interview inédite pour Le Petit Shaman magazine !


Notre article complet sur Scribeuse !

Interview de Léonie Place / Scribeuse :

Scribeuse Léonie place
Source : scribeuse.com

D’où vous vient ce goût pour l’écriture ?

« Quand j’étais enfant, je passais beaucoup de temps à écrire. J’offrais souvent un poème, une jolie lettre, ou une chanson, en guise de cadeau aux membres de ma famille. Je ne sais pas vraiment d’où je puise cette passion, mais ma maman écrit très bien, elle choisit toujours des mots justes et doux pour transmettre un message écrit. Sans doute ai-je été inspirée.

J’ai donc été très naturellement attirée par le métier de journaliste, d’autant que suis également curieuse, aventurière et sociable. Je devais avoir 8 ans. Je lisais déjà la presse jeunesse et j’ai même participé à des concours de jeunes journalistes. Puis j’en ai fait un objectif professionnel. J’ai passé un bac littéraire, à Roanne (42), et à Science-po Grenoble, j’ai obtenu un Master Journalisme multimédia.

Je me suis rapidement confrontée à la réalité du métier. Comme beaucoup d’étudiants en journalisme, je rêvais d’enquêtes et de longs récits, écrits au gré de voyages et de rencontres enrichissantes. Sauf que j’ai stagné à Paris, à vendre quelques piges à des médias nationaux. Puis j’ai voulu découvrir la presse écrite quotidienne régionale. Mais après un an et demi en Bourgogne, j’étais déjà frustrée.

J’ai démissionné, et nous sommes partis avec mon compagnon, avec uniquement un billet d’avion-aller pour Lima, au Pérou. Nous sommes restés 15 mois en Amérique du Sud. On a voyagé en mode vadrouille et débrouille, on a tenu un blog quotidien et nous avons écrit quelques piges pour les médias français. L’occasion de me convaincre que l’écriture était ma passion, mais que je devais l’exercer différemment que derrière un bureau de journaliste. »

Pourquoi avoir choisi de raconter plutôt que d’inventer ?

« Je suis rédactrice de contes de faits. C’est le nom que je lui donne, mais ce métier est communément appelé écrivain privé ou écrivain public. Je ne suis pas écrivaine. Mon métier est de raconter la vie des gens, des familles, des entreprises, des villes, des associations. La fiction m’inspire moins. Ce sont deux métiers totalement différents qui font appel à des qualités d’écriture distinctes. Le mien est de raconter et valoriser des histoires personnelles et professionnelles, afin d’avoir un livre pour transmettre des valeurs aux générations futures, offrir un beau cadeau ou communiquer de manière élégante et différenciante. Mais, à côté de mes livres et dans le cadre de missions courtes, j’écris pour divers supports et je suis parfois amenée à activer mon imagination.  

En ce moment, je travaille avec une start-up bretonne et je leur écris des scénarios de jeux d’aventure pour des applications destinées aux smartphones et tablettes. Dans le cadre de cette mission, j’invente ! »

Dans quoi puisez-vous votre inspiration pour écrire vos livres ? Des émotions ? Des mots ? Des actions ?

« Tous mes livres sont écrits à partir d’entretiens et d’immersions dans l’univers de mes clients. S’il s’agit d’un livre sur l’histoire d’une famille, alors j’interviewe les personnages principaux, à leur domicile. S’il s’agit d’une entreprise, j’interviens dans les bureaux, mais aussi dans tous les lieux où les collaborateurs y écrivent l’histoire, sur les chaînes de production s’il s’agit d’une usine, les chantiers si c’est une société de bâtiment… J’enregistre tous mes entretiens et je prends des notes, à la manière d’un journaliste, sur les mouvements, les expressions du visage, l’environnement, le décor, l’ambiance… Tous les détails qui peuvent enrichir le récit et le dynamiser. »

Qu’est-ce qui est pour vous le plus simple à raconter ?

« J’ai plus de facilité à écrire lorsque j’ai vécu des scènes de vie. Par exemple, un livre de mariage, où je passe toute la journée du mariage avec mon calepin et mon stylo en main, à observer les détails dans les coulisses, à glaner des anecdotes auprès des invités, à suivre le déroulé des événements, est un terrain de jeu d’exception pour moi. Il y a tous les ingrédients pour écrire un bon livre : je suis le témoin direct des événements et mes sources d’informations sont nombreuses. Ainsi, le livre ne peut être que dynamique ! »

Qu’est-ce qui est le plus difficile ?

« L’exercice est moins aisé lorsque je me retrouve face à un client qui me raconte, seul, son histoire. Mon unique source d’information, c’est son témoignage. Je me dois de respecter son intimité, mais à la fois, de le questionner assez pour comprendre et saisir les détails. Et je dois composer avec ses souvenirs pour rendre vivant le récit, alors que je n’ai pas vécu l’événement. »

Et quelles sont les histoires que vous préférez personnellement raconter ?

« Je suis naturellement plus émue par une histoire de famille. Parce que c’est une composante fondamentale et vitale dans ma vie personnelle. Et que je suis nostalgique, dans le sens où j’aime me plonger dans mes propres souvenirs, prendre du temps pour dévisager des photos anciennes et récentes, questionner le passé. Mais globalement, je me délecte à chaque nouveau récit, car même les monographies d’entreprises colportent des histoires humaines. Et c’est finalement ce qui me plaît : raconter les hommes et les femmes, quel que soit le contexte. »

Transcrivez-vous seulement les moments de bonheur ou tout ce que vous avez pu observer ? Aussi bien heureux, qu’un peu moins.

« Ce sont mes clients qui définissent l’objet du livre. À partir de là, j’oriente mes questions. Je ne suis pas une conteuse de bonnes nouvelles, je raconte leur vie. Alors, forcément, certains passages sont moins heureux, plus abrupts.


D’ailleurs, beaucoup d’interviewés évacuent quelques larmes alors qu’ils se confient à moi. Comme quoi, mes livres servent aussi à transmettre des messages, nommer des émotions enfouies. L’une des difficultés et des tâches sensibles de mon métier est de reformuler les témoignages délicats, afin qu’à la lecture et relecture de ce livre, quelques années après, le message soit reçu sympathiquement par tous les lecteurs. Je ne dénature pas la réalité, je la rends plus communicable. »

On imagine que vous n’avez pas forcément le même regard sur un instant que les personnes qui le vivent. Avez-vous toujours des retours positifs de la part des intéressés ?

« C’est très juste. La perception d’un événement, d’un souvenir, d’une émotion, est un ressenti très personnel. Ainsi, je fais toujours relire mes écrits à mes clients avant que le livre ne soit imprimé. Cela me garantit que le produit fini sera à leur goût. La clé d’un témoignage bien interprété, c’est aussi la préparation de l’entretien.

J’accompagne donc mon client pour qu’il anticipe au mieux cet exercice, en lui communiquant un document de travail, qui le recentre constamment sur l’objectif du livre et le message principal. Ma plus grande joie, c’est le bonheur des clients alors qu’ils offrent ou parcourent leur livre, je réalise donc autant de corrections qu’ils le souhaitent.

C’est normal, la perfection est subjective, chaque personne a ses attentes. D’autant qu’il est presque impossible de m’imprégner de la vie des gens, en quelques entretiens et immersions. C’est pourquoi, à l’écrit, je fais des choix, adaptés à la demande du client. Ma préoccupation principale est de ne pas dénaturer les propos et le récit des interviewés. Et à l’issue de ce travail, les retours sont positifs, oui. »

Quelles sont les demandes les plus courantes que vous recevez ? Quels moments les personnes qui vous contactent souhaitent immortaliser ?

« C’est très varié. Je suis actuellement occupée à écrire l’histoire d’une entreprise dans sa globalité. Et j’ai récemment terminé deux livres de famille. L’un raconte le souvenir d’une adoption, l’autre est un message de courage d’une fille à sa mère. Les livres de mariage sont des produits tendance car très novateurs. Je suis la seule, en France, à raconter en mots une journée de mariage. C’est un souvenir unique et personnalisé de cette journée. »

On imagine que votre prix de l’innovation vous a permis de passer à une étape supérieure dans votre projet. Avez-vous toujours le temps de « rencontrer les gens » comme vous le souhaitiez ?

« J’ai obtenu le prix “coup de cœur du jury” des Trophées de l’innovation de la CCI du Morbihan, en juin 2017. Mon entreprise n’avait qu’un mois d’existence ! Alors ce fut un incroyable coup de projecteur, pour enrichir mon réseau et communiquer sur mon entreprise. Évidemment, je prends toujours le temps de rencontrer les gens, c’est la base de mon projet ! Je réalise tous mes livres à partir d’entretiens et d’immersions dans leur univers, donc je les rencontre. Quand les commandes s’accumulent, j’allonge mes délais de livraison. Je demande aux curieux intéressés de me contacter trois mois minimum (plus pour les projets conséquents) avant la date à laquelle ils souhaitent recevoir le livre. Mais je m’adapte à toutes les demandes, même les plus urgentes, je trouve toujours une solution, car tout est sur mesure. »

Combien de projets menez-vous environ chaque année ?

« Depuis le mois de mai, soit la création de Scribeuse, j’ai écrit cinq livres. Un sixième est en cours. Et j’ai déjà quatre commandes pour 2018. Aussi, pour varier mes activités, je propose des prestations rédactionnelles à toute entreprise, association, collectivité ou organisme qui nécessitent une plume dynamique pour ses écrits et sa communication. »

Transcrivez-vous seulement des moments précis ou aussi des périodes, en accompagnant ces personnes sur plusieurs jours, ou semaines ?

« Tous mes livres sont à la demande et répondent aux envies de mes clients. Il peut s’agir d’un livre souvenir d’un moment en particulier : un mariage, un anniversaire, un départ à la retraite, un enterrement de vie de jeune fille, etc… Cela peut également être le récit d’une vie ou d’une tranche de vie. Enfin, je propose aussi des immersions au long cours, c’est le cas de mes récits de naissance, où je rencontre les futurs parents à plusieurs reprises avant l’accouchement. Mais aussi, quelques jours après la naissance et régulièrement jusqu’à la première bougie de bébé. Tout est réalisable ! »

Comment procédez-vous dans l’écriture de vos livres ? Décrivez-nous un peu les étapes d’écriture.

« La première étape, c’est le recueil des informations lors des entretiens et des immersions. Quand je rentre, je retranscris toutes mes interviews. Ainsi, je dispose du discours précis de mes personnages principaux, d’un côté, et tous les détails annotés sur mon calepin de l’autre (émotions, gestes, décor, ambiance, témoignages secondaires…). Quand je le peux, et si le sujet s’y prête, je prends des photos pour immortaliser les détails d’une pièce, la mise en scène d’un mariage, afin d’emmagasiner un maximum d’indices.

À partir de cet ensemble, je construis un plan très détaillé, en tachant toujours de répondre à l’objectif et au message du livre voulu par le client. Puis j’écris, des journées entières, en intégrant des témoignages sous forme de dialogues, que je ponctue d’un récit, narré le plus souvent à la troisième personne. Certains clients me font la demande d’un livre écrit à la première personne, alors je m’adapte à leur souhait. Les contenus de ces ouvrages sont tous différents, certains prennent la forme de chapitre, tel un roman, d’autres se présentent comme des lettres. Je personnalise toutes mes créations.  

Ensuite vient l’étape de la relecture. Au total, je relis pas moins de six fois mon manuscrit. Je l’envoie ensuite à mon client et je retouche selon ses demandes. »

De quelle manière y ajoutez-vous votre touche personnelle ?

« De deux manières, déjà, ma prestation est globale. Le client reçoit à son domicile un livre, au format de son choix, façonné avec une couverture rigide. Je réalise l’écriture, mais aussi la mise en page et je propose aux clients une option illustrée. Il peut s’agir de travaux réalisés par des photographes professionnels, ou des illustrateurs ou illustratrices. Enfin, je gère également la relation avec les imprimeurs. Pour donner une idée de mon travail, un livre basé sur 3 heures d’entretien augure 35 heures de création. Un récit de mariage, pour lequel j’interviewe les futurs mariés durant 2 heures et j’interviens 10 heures sur place le jour J, nécessite 100 heures de création.

Ensuite, mon expérience de journaliste fait que j’ai un souci du détail et du dynamisme. C’est ce qui caractérise ma plume. Et me distingue sans doute dans la profession. »

 


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