Plaidoyer pour une surveillance accrue des maladies cardiaques chez les femmes

Les maladies cardiovasculaires représentent une réelle menace sur la santé des femmes. Un groupe de 17 expertes de haut niveau, provenant de 11 pays différents, attirent à nouveau l’attention sur l’ampleur de ce fléau dans une étude relayée par la prestigieuse revue scientifique The Lancet

Ces scientifiques appellent à un renforcement urgent des travaux de recherche et du suivi des maladies cardiaques chez la gent féminine. Nous retrouvons dans cet article davantage de détails à ce sujet. 

Un lourd fardeau sous-estimé dans le monde 

En France, entre 40 000 et 50 000 personnes meurent chaque année d’une maladie cardiovasculaire. 54 % de ces victimes sont des femmes. Autrement dit, ces pathologies tuent jusqu’à 8 fois plus de femmes que le cancer du sein. Au niveau mondial, on estime à 275 millions le nombre de personnes de la gent féminine à souffrir d’une MCV, ce qui correspond à un taux de prévalence de 6 402 cas pour 100 000. 

Preuve de la gravité de la situation : 8,9 millions de femmes ont succombé des suites d’une maladie cardiaque en 2019. Et le fléau ne cessera de s’aggraver dans les prochaines années, si rien n’est fait rapidement. Selon les autrices du rapport, 35 % des décès chez la population féminine seront causés par une MCV en 2030. 

Roxana Mehran, du centre médical du Mont Sinai, aux États-Unis, est l’une des 17 chercheuses ayant participé à l’étude. Sa conclusion est sans appel : les maladies cardiovasculaires chez les femmes demeurent trop peu étudiées dans le monde. Ces pathologies sont en conséquence insuffisamment diagnostiquées et insuffisamment soignées. 

Les femmes habitant au Moyen-Orient, en Océanie, en Asie centrale, en Afrique centrale et en Europe de l’Ouest s’exposent à un risque de décès par MCV plus élevé (supérieur à 300 décès pour 100 000 femmes) que dans le reste du monde. L’étude constate également une prévalence plus élevée chez la population féminine des Émirats arabes unis, du Maroc, d’Iran et d’Égypte. Le risque est moins présent – mais non moins réel – au Pérou, à la Bolivie et au Venezuela.

Des facteurs de risque socioéconomiques et culturels 

La sédentarité et les rythmes de travail soutenus figurent parmi les principaux facteurs de risque d’une maladie cardiovasculaire. L’étude du Lancet remarque cependant que les femmes héritent de facteurs de risques spécifiques, liés à leurs conditions culturelles, socioéconomiques ou politiques. 


Par exemple, les interdictions et les restrictions de pratique d’activités sportives dans certains pays peuvent augmenter le risque de décès par MCV. Souvent, la variable culturelle et sociale explique également l’augmentation considérable des maladies cardiovasculaires en Inde, en Indonésie et en Chine. Il y a aussi les facteurs liés au sexe tels que les complications de la grossesse ou la ménopause précoce. 

Des recommandations urgentes pour une meilleure considération des MCV chez les femmes 

Les 17 scientifiques qui ont travaillé sur l’étude appellent les dirigeants politiques et les responsables sanitaires mondiaux à redoubler d’efforts pour mieux traiter les maladies cardiovasculaires chez les femmes. Certes, les décès consécutifs à ces pathologies ont reculé de 4,3 % dans cette catégorie de la population depuis les 30 dernières années. 

Le rapport observe toutefois une augmentation inquiétante de la prévalence dans les pays très peuplés, dont l’Inde, la Chine et l’Indonésie. Ces docteures, professeures et chercheuses ont formulé une liste de recommandations à destination des pouvoirs publics et sanitaires afin d’instaurer un traitement équitable des MCV chez les femmes et chez les hommes. Ces scientifiques appellent, entre autres, à :

  • Intégrer le diagnostic et le suivi cardiaque à la surveillance obstétrique ;
  • Mieux sensibiliser la gent féminine sur l’ampleur des risques cardiaques – surtout les arrêts cardiovasculaires (ACV) et les maladies coronariennes ;
  • Renforcer les campagnes de prévention sur les conduites à tenir en cas de maladies cardiovasculaires ;
  • Mieux représenter les femmes dans les essais cliniques sur les MCV ;
  • Multiplier et perfectionner les recherches scientifiques et médicales sur les origines et les conséquences des différences de traitement des maladies cardiovasculaires chez les femmes. 

En France, les campagnes de sensibilisation et de prévention des maladies cardiovasculaires chez les femmes prennent de l’ampleur depuis quelques années. Ces mesures complètent les efforts publics et privés pour former le plus de personnes aux gestes de premier secours et équiper les lieux publics en équipements d’urgence comme les défibrillateurs. Des informations intéressantes autour de ces sujets sont partagées sur Defibril, un blog sur lequel on peut retrouver aussi bien des conseils et statistiques.

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