Cigarettes électroniques : des universitaires pointent les risques de la prohibition

Les réglementations limitant ou interdisant la commercialisation de cigarettes électroniques et autres dispositifs de substitution à la cigarette, pourraient avoir des effets pervers en matière de lutte contre le tabagisme, et accroître la difficulté d’arrêter la cigarette pour les fumeurs, estiment deux chercheurs en tabacologie de la New York Univesity (NYU).

Interrogés par le magazine de l’université après l’annonce de l’interdiction de la cigarette électronique dans la ville de San Francisco, les professeurs David Abrams et Ray Niaura, co-directeurs du laboratoire de recherches sur le tabac de NYU, ont prévenu les autorités des risques inhérents à des politiques punitives à l’égard des alternatives de réduction des risques à la cigarette, allant même jusqu’à dresser un parallèle avec la période de la prohibition aux Etats-Unis.

Pour David Abrams, les politiques publiques visant à réduire l’accès aux cigarettes électroniques « ont fait plus de mal que de bien », notamment auprès des publics mineurs et des jeunes adultes. Selon lui, les programmes gouvernementaux de sensibilisation n’ont pas eu d’effet, voire ont eu des effets négatifs sur la consommation de tabac, mais également d’alcool au cours des dernières années. « L’impact sanitaire net est négatif malgré les bonnes intentions », affirme-t-il.


C’est la raison pour laquelle Ray Niaura appelle à « une approche de réduction des risques visant à minimiser les conséquences négatives plutôt que de promouvoir l’abstinence ». Une approche qu’il estime plus efficace que les logiques punitives. Selon lui, les politiques publiques en matière de lutte contre le tabagisme devraient s’inspirer de ce qui est fait en matière de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles (MST), où l’abstinence n’est pas présentée comme la seule voie acceptable pour limiter les risques.

« La réduction des risques peut inviter à l’abstinence tout en donnant des conseils pratiques pour ceux qui ne veulent pas s’abstenir », estime le professeur Niaura, avant de conclure. « Un nombre grandissant d’études démontre l’utilité de la réduction des risques pour arrêter de fumer. Si arrêter de fumer – ou ne jamais commencer – est l’idéal, vous pouvez (si vous continuez à fumer malgré tout) minimiser votre exposition aux toxines des cigarettes en passant à des produits à la nicotine moins dangereux comme les cigarettes électroniques », estime-t-il.

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