La thèse du génocide des Indiens d’Amérique

A l’heure où la reconnaissance du génocide arménien fait l’objet d’un vif débat au sein de la communauté internationale, il semble opportun de s’intéresser d’un peu plus près à la disparition des Indiens d’Amérique, encore appelés Amérindiens. En effet, il est frappant de constater à quel point, année après année, décennie après décennie, indifférence et cynisme se marient pour ensevelir la mémoire de ces peuples presque entièrement disparus.

Thèse du génocide indien

Un génocide contre l’humanité :

Nonobstant le fait que nombreuses sont les sources qui utilisent le terme de «génocide indien» pour qualifier la destruction des populations indigènes du continent américain depuis l’arrivée des colons européens (environ 14 millions d’Indiens tués), il est singulier de constater que les guerres et massacres des populations amérindiennes ne sont pas recensées au titre des génocides définis comme tel par l’Organisation des Nation unis (Cf La convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948).

On ne peut démentir : Esquimaux, Sioux, Iroquois, Cheyennes et Apaches ne suscitent guère de sentiment de culpabilité tel qu’il peut apparaître par exemple lorsque l’on pense à la communauté juive et à la Shoah, ou plus récemment à la guerre en Ex-Yougoslavie et la tragédie du Rwanda. Pourtant, ces populations renvoient à la réalité d’un «génocide» toujours en cours dans l’indifférence générale.

En effet, en dépit de l’opinion commune, les Indiens ne sont ni morts ni moribonds et constituent le groupe ethnique nord-américain qui connaît aujourd’hui le plus fort taux de croissance. Toutefois, s’ils demeurent encore plus de 2 millions d’Indiens, l’écrasante majorité vit largement sous le seuil de la pauvreté et la précarité de leurs conditions et les pressions considérables qui continuent de peser sur eux sont toujours plus présentes que jamais. Bidonville, alcoolisme, chômage, suicide, tel est le prix à payer pour les Indiens d’Amérique afin de rester sur la terre de leur ancêtre grâce aux «concessions» faites par le gouvernement fédéral américain.

Indien d'amrique maison

Une triste réalité :

Pourtant, la réalité collective et culturelle des tribus indigènes n’est pas en voie de dissolution. Les Indiens «survivants» sont toujours Indiens et entendent le rester bien que les états abritant les réserves n’aient de cesse de vouloir récupérer ces espaces en rognant les droits des tribus. Ainsi, l’oppression et la répression qu’ils subissent devraient amener la communauté internationale à prendre conscience de cette «indignité» qui se définit comme l’identité transcontinentale et supranationale des nations indiennes.

Indien vs ameriqueDès lors, on ne peut que s’indigner devant la contre-vérité historique selon laquelle les Indiens d’Amérique auraient le choix de vivre dans ces conditions. N’est-il pas nécessaire, de par des justifications morales, de mettre en place un devoir de mémoire qui passerait par la reconnaissance d’un «génocide» ou d’un «ethnocide» indien puisqu’il y a incontestablement eu crime contre l’humanité à l’égard des populations indigènes. Ne peut-on pas parler d’un certain négationnisme en refusant la recherche légitime d’une reconnaissance juridique de la souffrance et de la mémoire ?

L’ensemble des exactions qu’il serait nécessaire d’intégrer dans l’expression du «génocide indien» regroupe, d’après les témoignages et revendications, tant les déplacements de populations que les violations et pillages en passant par la paupérisation, la réduction en esclavage et l’embrigadement culturel. L’histoire montre et démontre ce constat : les Indiens d’Amérique n’ont pas cessé d’être épargnés. Dès lors, passer ces considérations générales, c’est le lieu (pour les intéressés), de s’attarder sur le détail de l’histoire…

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